Chamanisme, spiritualité, développement personnel, coaching : ne pas tout mélanger
Ces mots circulent beaucoup. Ils ne s’excluent pas mais attention aux confusions. Le mot spiritualité vient du latin spiritus qui veut dire le souffle et d’où vient également le mot esprit. Son origine est organique. Il veut dire respirer, être vivant. On peut se sentir spirituel et aller en thérapie clinique. On peut aussi croire aux esprits, a Waka Tanka et aux fantômes et être inspecteur des impôts. J’ai rencontré toutes sortes de profils, toutes sortes de personnes avec leurs croyances et leurs outils. Mais quand je soupçonne une dépression ou un mal-être profond, je choisis de l’évoquer plutôt de laisser la personne dans ses croyances uniquement. Chacun.e est souverain.e et entendra si elle le souhaite. C’est en tous cas ce que je revendique.
Le coaching travaille un objectif défini, sur une durée courte, chez une personne qui va globalement bien. C’est utile et c’est limité. Ce n’est pas un soin psychique à proprement parlé, personnellement je sais que mélanger les deux est très efficace.
Le développement personnel est un champ éditorial, pas une profession. On y trouve d’excellents auteurs et beaucoup de solutionnisme : l’idée que tout dépend de ton effort et de ta mentalité. Cette idée est fausse, et elle est cruelle pour les personnes malades, précaires ou traumatisées. Il doit être abordé comme un outil pas une thérapie en soi.
Les pratiques spirituelles peuvent soutenir un chemin. Elles ne traitent pas une dépression, un trauma ni un trouble psychique. Elles sont individuelles et intimes. On peut en discuter mais je ne fais pas de prosélytisme et n’attends pas non qu’on essaie de me convaincre.
Le chamanisme désigne des traditions précises, ancrées dans des cultures précises, avec des cadres de transmission exigeants. Notamment de Mongolie. On a étendu le terme a d’autres origines pour parler des pratiques rituelles ancestrales de reliances au vivant, à la Terre et à nos origines organiques.
Le charlatanisme, lui, prend l’esthétique sans le cadre : quelques week-ends de formation, un vocabulaire emprunté, une posture de guide, aucune responsabilité.
La différence n’est pas dans l’étiquette, elle est dans le cadre. Un cadre clair dit ce qu’il fait et ce qu’il ne fait pas, ce qu’il coûte, comment on l’arrête. Il ne proclame ni allégeance, ni exclusivité, ni renoncement à ton esprit critique.